Le chiffre du 19 mars 2020 sur Actu Environnement

C’est le taux de réduction, par semaine, des concentrations de dioxyde d’azote (NO2) en surface dans le nord de l’Italie depuis le début de la crise sanitaire du COVID-19 mi-février, selon le Service pour la surveillance atmosphérique de Copernicus (CAMS).
Le dioxyde d’azote est un polluant atmosphérique émis en grande majorité par les activités humaines (transport routier, production d’énergie, industries…).

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La pollution de l’air diminuerait la résistance au coronavirus et faciliterait sa propagation : un article d’Actu Environnement

La pollution atmosphérique des grandes villes engendre des maladies qui induiraient une plus grande fragilité au coronavirus, et les particules fines pourraient aussi faciliter la diffusion de la maladie.

La pollution de l’air provoque chaque année 67 000 décès prématurés en France, selon une étude de 2019 de la Société européenne de cardiologie. Mais si l’on ajoute le facteur Covid-19 qui sévit actuellement sur le territoire, ce bilan pourrait fortement s’alourdir.

Coronavirus : une menace plus forte dans les grandes villes

L’ONG European Public Health Alliance (EPHA) a lancé, le 16 mars, une alerte dans ce sens. « Les patients souffrant de maladies cardiaques et pulmonaires chroniques causées ou aggravées par une exposition sur le long terme de la pollution de l’air sont moins capables de lutter contre les infections pulmonaires, et plus susceptibles de mourir », alerte Sara De Matteis, professeur en médecine du travail et de l’environnement à l’Université de Cagliari, en Italie. C’est principalement dans les grandes villes que les habitants seraient les plus exposés à ce risque. « Le coronavirus est une plus grande menace dans les villes polluées, précise l’ONG. La pollution de l’air cause de l’hypertension, des diabètes, des maladies respiratoires. Des maladies que les médecins associent à des taux de mortalité plus élevés pour le Covid-19. »

La forte corrélation entre la qualité de l’air et les infections par les virus respiratoires n’est pas nouvelle. Une étude sur les victimes d’un autre coronavirus, le SRAS, qui avait sévi en Chine en 2003, précisait déjà que les patients qui vivaient dans des zones polluées avaient 84 % de risque en plus de mourir que dans d’autres régions moins soumises à la pollution atmosphérique.

« Des autoroutes pour les contagions »

Mais l’incidence de la pollution sur la prévalence du coronavirus ne s’arrêterait pas là. Une étude portée par des chercheurs et des médecins de la Société italienne de médecine environnementale, avance l’existence d’une relation entre les taux de particules PM10 et PM2,5, en suspension dans l’air, et le nombre de personnes atteintes du coronavirus. Concrètement, les chercheurs ont mis en relation les pollutions de l’air enregistrées par les agences régionales de la protection environnementale fin février, et le nombre de contaminations.

Ils en ont conclu à une corrélation entre les courbes dans le Nord de l’Italie. « Les hautes concentrations de particules enregistrées pendant le mois de février dans la Plaine du Pô ont provoqué une accélération de la diffusion du Covid-19. L’effet est évident dans les provinces où il y a eu les premiers foyers », assure Leonardi Setti de l’Université de Bologne. « Les poussières transportent le virus. Ils agissent comme porteurs. Plus il y en a, plus on crée des autoroutes pour les contagions », poursuit Gianluigi de Gennaro, de l’Université de Bologne.

La relation entre les concentrations de particules atmosphériques et la propagation des virus avait déjà été étudiée avant la crise sanitaire du Covid-19. En 2010, les scientifiques avaient démontré que le virus de la grippe aviaire pouvait se propager sur de longues distances à travers les nuages de poussières asiatiques.

À Paris, la qualité de l’air reste « médiocre »

Face à cette situation, l’EPHA souligne l’urgence de baisser les niveaux de pollution atmosphérique sur le long terme. « Les gouvernements auraient dû s’attaquer à la pollution atmosphérique chronique il y a longtemps. Mais ils ont donné la priorité à l’économie plutôt qu’à la santé en étant indulgents avec l’industrie automobile, regrette Sascha Marschang, secrétaire général d’EPHA. Une fois cette crise terminée, les décideurs devraient accélérer les mesures pour retirer les véhicules sales de nos routes. La science nous dit que des épidémies comme le Covid-19 se produiront avec une fréquence croissante. »

Il est encore trop tôt pour mesurer l’impact du confinement sur la pollution atmosphérique du pays. La France fait d’ailleurs partie des mauvais élèves en la matière. À Paris, la qualité de l’air est restée cette semaine « médiocre » d’après les données d’Airparif. Si le trafic routier a fortement baissé, le manque de vent, l’ammoniac rejeté par les épandages agricoles dans la région, et l’azote des systèmes de chauffage au bois, n’ont pas permis de faire baisser la pollution atmosphérique.

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